92-7) 09/12/20-- au 02/02/20--
Jeudi 9 Décembre
Ce soir-là, je partais finalement pour Barcelone. À l’aéroport, en attendant le départ, j’espérais bien sûr, qu’elle apparaîtrait devant moi mais, en même temps, je n’y croyais pas du tout à cette éventualité.
J’embarque avec le cœur serré dans l’avion. L’avion été complet. J’étais assis côté couloir à la place 08C. J’avais réservé également la place 08B pour Mathilde. À cette place, j’avais mis mon sac à dos remplis de mes affaires. À la place 08A, était assis un jeune homme d’une vingtaine d’année. Il était visiblement accompagné de sa copine, mais par manque de réservation à l’avance, ils avaient des places bien séparées l’un de l’autre.
Avant que les portes de l’avion soient fermées, ces deux personnes (visiblement espagnoles) parlaient ensemble. Lui assit à sa place et la fille debout dans le couloir. Je sentais qu’ils attendaient que l’embarquement soit terminé afin de voir si la place 08B allait être occupée ou pas. Moi, j’étais très renfermé et très en colère de ma situation. Je me préparais à ce qu’il me pose la question, si je pouvais enlever mes affaires afin qu'elle puisse s’assoir à ses côtés.
Comme je me doutais, à la fin de l’embarquement, il me fait comprendre qu’il voudrait que sa copine s’asseye à la place de mon sac. Et là, je l’ai regardé d’un œil noir et un visage fermé. Je lui ai dit d’une voix ferme et en anglais "cette place est aussi à moi". C’est tout ce que je lui ai dit. Mais visiblement, assez convaincant qu’il n’a pas osé rajouter mot !
Il m’était impossible de laisser cette place à une autre personne. Pas parce que je l’avais payée, non. Cette place était à Mathilde et donc à personne d’autre, personne !
Avec le recul, je me dis que c’était méchant de ma part de les avoir empêchés d’être côte à côte mais il m’était impossible ce jour-là, de voir une autre personne à cette place !
Au retour, je n’ai pas eu ce problème car l’avion n’était pas complet.
J’ai retrouvé mon ami Mario vers 22h30, au centre-ville de Barcelone, juste à côté de mon hôtel. Le temps était couvert. Il venait de pleuvoir.
On est allé ensemble à mon hôtel pour que je dépose mes affaires puis il m’a invité à diner. La ville était très calme. Je m’attendais à voir une effervescence. J’avais toujours entendu que tous les soirs c’était la fête en Espagne.
Vers une heure, après le dîner, je rentre à mon hôtel. Une fois dans la chambre, je me suis assis pendant de longues minutes au bord du lit, tête baissée, fixant par terre ! Je me demandais ce que je faisais là. Pourquoi, j’étais venu.
Dans cette chambre il était prévu que Mathilde soit avec moi, là, à mes côtés ! C’était notre cadeau de Noël. On devait passer ce week-end ensemble. Cela devait être notre premier week-end en dehors de Paris. C’était avec beaucoup de plaisir qu’on avait organisé ce petit week-end.
Mais là, j’étais tout seul, dans cette belle chambre et ce grand lit qui devait nous accueillir !
Pendant de longues minutes, je voyageais avec elle dans mon esprit.
Totalement déprimé, finalement, je prends un somnifère et un demi Lexomil pour pouvoir dormir.
Le lendemain, comme les jours suivants, il a fait un temps sublime, jusqu’à 18°c.
J’ai passé la matinée avec Mario à visiter la partie gotique de la ville et la galerie d’art avec qui il travaillait.
L’après midi, j’ai continué ma visite seul. J’ai passé mon temps au port et aussi le long de la plage. J’ai occupé mon esprit surtout par mes photos.
Je me suis ainsi baladé durant 3 ou 4 heures. Fatigué, la déprime me gagne. J’ai décidé de rentrer à mon hôtel pour me reposer.
Je retrouve Mario le soir vers 20h. Pour me faire changer les idées, il avait décidé de me présenter à toute sa bande d’amis. On devait se retrouver vers 21h dans un petit restaurant dans la partie gotique de la ville.
On était une dizaine de personne, essentiellement de femme. Je me suis bien amusé ce soir-là. J’avais bu beaucoup mais sans être saoul, je me sentais léger et bien.
La soirée avançant, peu à peu la majeure partie de ces personnes nous ont quittés. Vers une heure, on n’était plus que 4. Moi, Mario et deux filles. On a fait la tournée des bars jusqu’à 3h, l’heure de la fermeture obligatoire des bars. A cette heure là, la déprime m’avait gagné peu à peu. Je me disais que je devais faire la fête avec Mathilde. Elle devait être là, collée à moi.
Je n’avais plus la tête à la fête. Mario et les deux autres filles avaient décidé de continuer la soirée chez une des deux filles. Mais moi, je voulais rentrer à mon hôtel. Je n’avais plus la tête à la fête. Ma décision a cassé la soirée car les autres aussi, finalement ont décidé de rentrer.
Le lendemain, samedi 11 décembre, le plus souvent, j’ai été seul à me promener au bord de la plage. Ce soir-là, il y avait une fête dans le quartier des artistes. Dans ce quartier, il y avait beaucoup d’atelier d’artistes. Des peintres, des sculpteurs et des designers de bijoux. Tous les invités passaient d’un atelier à un autre. Il y avait une ambiance très bon-enfant et très agréable. Vers 23 heures, cette soirée arrive à sa fin. Mario et d’autres amis à lui, ont voulu continuer la soirée dans des boites de nuits, mais pour ma part, la soirée se terminait là. J’avais envie de me retrouver seul. Je les quitte donc vers 23h30 et repars à mon hôtel.
Jusqu’à deux heures, je n’ai pas pu dormir malgré un somnifère.
Le dimanche 12 décembre, j’ai pris le petit déjeuner avec Mario et après j’étais seul jusqu’à 16h, l’heure à la quelle, je partais pour l’aéroport.
Cette fois, j’ai visité plus à l’intérieur des terres. Je suis allé visiter La Sagrada Familia de Gaudi. On m’avait tellement parlé de ce monument que je ne pouvais pas rentrer à Paris sans l’avoir visité.
Je vais peut-être choquer certains en disant que je n’ai pas aimé du tout cette architecture trop chargée ! C’est une cathédrale d’une architecture incomparable à nulle autre. Rien que la vu me donnait l’impression d’étouffer. Je n’ai même pas eu envie de la visiter de l’intérieur.
Finalement, je suis rentré à Paris, sans avoir vraiment profité de cette ville pleine de vie. Il faut que j’y retourne dans d’autres conditions.
Dimanche, j’arrive chez moi vers 23h30. A chaque instant de ce voyage, je pensais à Mathilde. Je pensais sans cesse à la raison de notre dernière séparation, à cette possessivité qui a tout déclenché. Je prenais conscience peu à peu que je n’étais pas possessif. Pas en tout cas dans le sens négatif du mot.
Je prenais conscience, que la seule victime de cette possessivité était moi-même et personne d’autre.
Conscient de ceci, je n’ai pas pu m’empêcher de le lui dire deux jours plus tard quand j’avais trouvé les mots.
Mardi 14 Décembre
Mail : 09:38
Objet : Possessivité
C’est certainement une des dernières fois que je t’écris.
Oui, je voudrais te parler de la possessivité, la raison de ta séparation définitive. Une raison si injuste pour laquelle, je me sentais coupable jusqu’il y a peu de temps!
J’ai attendu avant t’écrire ce mail pour réfléchir à ce que je veux te dire. Pour que ceci ne soit écrit sous le coud de la colère avec des conclusions hâtives et souvent erronées comme dans le passé.
Je voudrais te dire que je n’étais et je n’aurai jamais été quelqu’un de possessif. Maintenant si pour toi, vouloir passer le plus de temps avec l’être aimé c’est de la possessivité, alors ok, oui, j’étais possessif mais à aucun moment, durant ces trois petits mois, je t’ai empêché d’aller voir tes amis ou insisté de venir me voir si tu n’avais pas envie. Je ne pense pas de t’avoir en tout cas reproché quoi que ce soit ou t’avoir montré une attitude négative quand tu partais voir tes parents ou tes amis en province pour le baptême même durant les week-ends où j’étais libre.
La seule et unique fois qui a provoqué la rupture était ce fameux week-end où j’ai osé exprimer une interrogation !
Encore une fois, si tu te mettais à ma place, t’aurais eu les mêmes interrogations et peut être même pire.
Un soir au restau, tu m’as dit que c’est plutôt tes amis qui te reprochaient de ne plus te voir aussi souvent qu’avant. Et là, au lieu de leur répondre quoi de plus naturel de passer du temps avec celui que tu aimais surtout en début de relation, tu m’as dit à MOI, " c’est vrai, on se voit tout le temps" !!! Pour ne pas dire qu’on se voyait trop !
Si "tous le temps" pour toi c’était 3 week-ends en trois mois et 2 à 3 nuits en semaine, alors oui, on se voyait trop et donc oui, tes amis ne pouvaient pas te voir à chaque fois qu’ils avaient envie.
Je te laisse tirer les conclusions qui s’imposent, à savoir qui au final était possessif dans cette histoire!
T’as choisi finalement tes amis à la personne que tu disais aimer alors que pour ma part, je ne t’avais JAMAIS mis devant un tel choix !
Dimanche 19 Décembre
J’étais en déplacement professionnel en Pologne. Le soir dans ma chambre d’hôtel, j'ai voulu décharger les quelques photos que j'avais prises dans la journée. Là, je me rends contre qu’il y avait également une série de photo prise de Mathilde, le dernier week-end qu’on été ensemble. Je les avais oubliés dans mon appareil.
Soudain, elle était avec moi plus que jamais. Je la voyais sur ces belles photos et elle me manquait profondément.
Je décide de les lui envoyer :
Mail : 16h48
J'avais oublié ces photos dans mon appareil.
Je te les enverrai également sur un CD avec leur taille originale.
Lundi 20 Décembre
C’était notre quatrième "moisniversaire". Ce jour-là, j’avais terminé mon travail vers 16h. Je ne voulais pas m’enfermer dans ma chambre d’hôtel. J’avais décidé d’aller vers un grand centre commercial. J’étais totalement déprimé. Depuis hier quand j’avais découvert ses nouvelles photos, elle me manquait terriblement. A chaque seconde, je pensais à elle. Je n’ai pas pu résister à la contacter et lui exprimer mon mal être.
Vers 16h30:
Mat, c’est notre moisniversaire et tu me manques toujours terriblement. J’espère sincèrement que tu es dans un meilleur état que moi.
Lundi 27 Décembre
Ce jour-là, j’avais gravé ses photos sur un CD. Je lui ai envoyé le CD en l’accompagnant du courrier manuscrit ci-dessous.
En lui écrivant le courrier, j’avais des mains qui tremblaient.
Très chère Mat,
Comme promis, voici le CD des photos que tu n’as pas en tailles réelles.
J’ai gravé toutes les photos que j’ai de toi. Je te laisse faire le tri. Garder ou jeter celles que tu ne veux pas ou que tu les as en doubles.
Je te retourne également tes chèques cultures car je ne vais pas les utiliser. Donc ça sera dommage qu’ils se perdent pour rien.
Enfin, je te souhaite à toi et à toute ta famille des très bonnes fêtes de fin d’année et avec un peu d’avance une très bonne année 2011.
Bonne continuation
Moi
PS 1 : J’espère que t’as pas eu trop de mal à lire mon écriture en pattes de mouche !
PS 2 : Je te prie de ne donner tes photos à aucun autre homme qui traversera ta vie.
Ces photos sont un cadeau fait de mon regard et mes sentiments pour toi. Ils y sont imprégnés. Rien que de penser que d’autres hommes peuvent les posséder, ça me donne froid dans le dos.
Je te prie de me comprendre et respecter cette demande. Merci
Deux jours après l’avoir posté, je reçois un petit sms d’elle comme quoi elle avait bien reçu le paquet. Un sms auquel, je n’ai pas répondu.
Durant tout le mois de janvier, j’attendais un petit sms pour qu'elle me souhaite la bonne année. Un sms qui n’est jamais venu.
Mardi 1er Février
Depuis qu’on s’était quitté, je me demandais comment j’allais faire le jour de son anniversaire qui était le 28 janvier ?
Mon mail ci-dessous résume toutes mes pensées pour cet anniversaire :
Mail : 10:15
Bonjour Mat,
Cela faisait des semaines que je me demandais, quel message t’envoyer le jour de ton anniversaire ?
Je notais chaque phrase qui me venait à l’idée. Je les modifiais, je les supprimais et recommençais à nouveau.
Une fois que j’avais trouvé les "bons mots", on s’approchait déjà au jour de ton anniversaire, le 28 janvier.
Cette fois, c’était le doute qui m’envahissait ! Dois-je oui ou non, rompre le silence ?
En te souhaitant ton anniversaire, j’allais ouvrir de nouveau une porte. Une porte derrière laquelle, j’allais trouver le vide. Ce vide qui allait m’aspirait vers le néant et donc ré-augmenter mes souffrances. Alors qu’en restant silencieux, j’allais continuer à tourner la page. Cette page si dure et si difficile à tourner. Je ne sais même pas si un jour j’y arriverai.
Et là, les jours sont passés et une voix à l’intérieur me pousse à rompre ce silence. Une voix à laquelle, je n’arrive plus à résister.
Je me dois de te souhaiter ton anniversaire. Donc voilà, même tardivement, je te souhaite un très bel anniversaire. Bien sûr, j’aurai voulu te le souhaiter bien plus qu’avec ces quelques mots mais………"c’est ainsi" !
Porte-toi bien
Moi
Mercredi 2 Février
Contre toute attente, je reçois un mail le lendemain.
Mail 18:49
Merci
Depuis, je n'avais plus de raison de la contacter.
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