92-9) Avril & Mai 20-- : Fin

Jusqu’au 12 avril, j’ai passé de nouveau une très mauvaise période. Une déprime immense était constamment présente. J’étais dans un état même pire qu’au début de cette dernière séparation.

Un jour, en déjeunant avec mon ami Mario, je lui explique ce qui s’était passé. Pour lui, ce n’est pas elle qui me faisait du mal mais moi-même !

Le 12 avril, dès le début de l’après-midi, par miracle je me suis senti soudain soulagé ! J’arrivais de nouveau à respirer. La pression avait disparu. Je pouvais penser à elle sans pincement au cœur. Je pouvais l’imaginer avec un autre homme sans avoir des frissons dans tout le corps !

Il m’a fallu presque 5 mois pour faire le deuil de cette relation. Je ne pense pas avoir tourné sa page, loin de là mais, je pense avoir fait le deuil !  

Depuis cette date, je me suis rendu compte qu'à quel point j’étais à côté de la réalité. Depuis le 12 avril, soudain, tout est devenu plus clair. Je comprenais enfin les raisons de cet échec. Les raisons pour lesquelles on n’a pas pu trouver notre équilibre dans cette relation. 

Je me suis rendu compte que je n'étais pas prêt pour une telle rencontre, un tel amour.

Je me suis rendu compte à quel point j’ai fait du mal à moi et à elle. En fait c’est toujours Mario qui avait raison. C'est moi-même qui me faisais tant de mal.

Bien sûr, je ne veux pas dire par là que tous les tords me reviennent. Elle aussi, elle avait sa part de responsabilité dans cet échec. Mais là, c’est moi qui vais faire mon mea-culpa.  

Ma séparation avec mon ex, après 30 ans de vie commune, laisse indéniablement des traces. Ces traces ne pouvaient pas disparaître au bout de seulement 5 mois.

Durant toute ma vie, j'ai cherché l’Amour avec un grand A. Durant toute ma vie, je voulais vivre une passion amoureuse. Je ne pouvais me sentir vivant qu’à travers l’amour. Un amour réciproque. J’ai toujours eu beaucoup d’amour à donner, mais voulais en recevoir tout autant.  

Mes trente années de vie avec mon ex, au niveau des sentiments, étaient loin de ce que j’imaginais du grand amour. J’ai beaucoup aimé mon ex. Je lui dois beaucoup. Mais, je n’ai pas vécu ce rêve du grand amour.

Une des principales raisons de ma séparation était donc aussi cette quête d'amour.

Quand j’ai rencontré Mathilde, elle m’est arrivée comme un cadeau du ciel. Elle était tout ce que je recherchais depuis mon adolescence. Elle représentait ma femme idéale. Elle avait tout ce que je pouvais aimer chez une femme. La jeunesse, la beauté, la fraîcheur, le romantisme, l’intelligence, la femme-enfant, l’indépendance, l’humour, douceur, finesse du corps, finesse des mains et enfin la classe ! Je donne beaucoup d'importance à la beauté des mains, aux maintiens et aux allures d'une femme.

Elle avait une classe folle. Elle pouvait mettre un sac de pomme de terre sur elle et l’on pensait qu’elle portait une robe d’un grand couturier. Elle était remarquable. J’étais fière de marcher à ses côtés. Je me sentais privilégié quand j’étais avec elle !  

Quand ce cadeau m’est arrivé à 52 ans, je ne pouvais y croire ! D’où les doutes profonds. Je ne pouvais croire qu’une femme si belle et si jeune puisse s’attacher à moi. J’avais beaucoup de doute sur moi-même, mes origines ou plutôt l'image qui donne mon pays par son régime totalitaire. J'avais des doutes également sur mon pouvoir de séduction. J’étais à dix mille lieux de croire que je pouvais plaire à une jeune femme telle que Mathilde. À cause de tout ceci, mais aussi et principalement en raison de l'échec de ma vie professionnelle, je me sentais inférieur à elle.  

Je vivais pour elle. Je vivais à travers elle. Elle était ma raison de vivre. Elle était mon air, mon oxygène. J’attendais beaucoup d’elle. J’attendais tout d’elle. J’attendais ma vie, mes joies, mes sentiments, mon amour ! Sans elle, je n’étais rien. Sans elle, je n’existais pas. Sans elle, ma vie s’arrêtait ! Sans elle, l’air me manquait. Sans elle, je m’étouffais !  

Depuis ces 5 mois de rupture, j’ai parlé beaucoup de ma dépression à mon psy, à mes amis et enfin à travers ce blog avec vous mes chers lecteurs. Plus que le psy, je m’en suis sorti de cet enfer grâce à ce blog et donc grâce à vous et aussi grâce à mes amis.

Pendant plus de deux mois après ma rupture, il m'était impossible de rentrer chez moi tout de suite après le bureau. Il m’était impossible de me retrouver seul face à moi-même, face à ma solitude. C’est pour cela que je sortais souvent.

Je me souviens de deux phrases venant de deux de mes amies. Une d’entre elles m’a dit que je devais d’abord apprendre à vivre avec moi-même. Qu’il fallait que j’aie confiance en moi-même. Il me fallait cet équilibre pour avancer. C’est seulement à ce moment-là qu’on peut construire une relation équilibrée et serine avec une autre personne.

Il fallait que je sache que ma rencontre avec Mathilde n’était pas et ne sera pas un fait rare et unique.  

Une deuxième amie m’a dit un jour que la rencontre avec une nouvelle personne doit être un plus dans notre vie mais que son absence ne doit en aucun cas être un moins !  

Maintenant, je pense avoir trouvé cette sérénité. Maintenant, j’ai appris à vivre avec moi-même. J’ai trouvé mon équilibre dans la solitude. J’ai pris confiance en moi. Je n’attends plus tout de l’autre. L’autre sera désormais un plus dans ma vie et non plus tout dans ma vie !  

En prenant conscience de tout ceci, je me rends compte de mes erreurs avec Mathilde. Je me rends compte à quel point j’avais "torpillé" notre relation dès le début avec mes doutes. Le doute était installé et encré en nous deux.

Il était impossible de trouver la sérénité. J’attendais tout d’elle. Elle devait me redonner vie. Elle devait m’aider à renaître. Ce qui était impossible ! Je devais renaître par moi-même avant tout !  

J’ai appris aussi une réalité amère à savoir qu’hélas l’amour est un jeu ! Un jeu dans lequel, moins on montre ses sentiments, plus on attire l’autre et inversement ! -"Suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis!"-

Quelle tristesse cette réalité! Quel dommage de ne pas être totalement sincère dans ses sentiments et de l’exprimer. Quel dommage d’être obligé, pour sauver l’amour, retenir ses sentiments et montrer le minimum possible. Quel dommage et quelle tristesse !

Il n’y a rien de tel qu’un amour sincère et sans retenu. Il n’y a rien de tel que de se donner corps et âme mutuellement !   

Depuis que j’ai pris conscience de tout ceci, j’ai deux grands regrets.

Le premier c’est que c’est Mathilde qui a fait les frais de ma renaissance avec beaucoup de souffrance. Le deuxième regret, hélas de taille, c'est qu’avec mes doutes, j’ai passé à côté de l’amour de ma vie! A côté de mon âme sœur ! Maintenant que je suis prêt à entamer une nouvelle vie, l’amour de ma vie est déjà loin !  

Mais malgré tout ceci, il reste un fait qui m'a le plus détruit dans cette histoire, c'est qu'elle a rompu d'une manière brutale, par téléphone alors que j'étais au sommet de mon amour pour elle. De ne plus la voir du jour au lendemain. De ne plus la considérée comme étant partie de ma vie.

Rompre de cette manière-là est totalement destructeur.

Fort de cette conclusion, je sentais le besoin de l’exprimer. De dire tout ceci à la personne concernée. Depuis le 12 avril, j’avais cette envie irrésistible de tout lui dire.

Par deux ou trois fois, j’ai préparé des sms pour lui envoyer, mais à chaque fois je les supprimais. À chaque fois, je me disais "laisse tomber, tu vas te faire encore du mal"  

Je n'ai résisté ainsi que 24h. Finalement le 13 avril, alors que j’étais dans un parc près de la place de la république pour déjeuner au soleil, l’idée irrespirable m’est venue de l’appeler au téléphone plutôt que de lui envoyer des messages écrits. Je voulais lui demander si elle acceptait qu’on se voie pour discuter de mes concussions.  

Vers 12h50, je l’appelle. Comme souvent, je tombe sur sa messagerie. Je lui laisse un message.

D’abord, dès que j’ai entendu son message d’accueil, ça m’a fait sourire car je l’avais oublié. C’était un message assez singulier et comique.

     Avec le sourire : Ah, j’avais oublié ton message d’accueil.

Puis, le stresse prend le pas et ma voix commence à trembler :

Bonjour Mat, si je t’appelle, c’est pour te dire que depuis quelques jours, je me rends compte à quel point je t’ai fait du mal et à quel point JE ME suis fait du mal. Oui, depuis quelques jours, j’ai moins de pressions et me rends compte de beaucoup de choses et comme je ne voulais pas te les dire ni pas sms ni pas email, j’ai préféré de t’appeler.

Voilà, j’aimerais savoir, si tu accepterais qu’on se voie un moment pour en discuter ?

En tout cas, je serais heureux si tu l’acceptes.

Une fois avoir terminé, j’étais soulagé et contant de l’avoir fait.  

            Vers 14h15, mon téléphone sonne. Je regards, je vois sa photo souriante prise à Etretat sur l’écran de mon téléphone. À cet instant-là, tous les bons souvenirs ont rejailli. J’étais instantanément porté dans le passé.

Je décroche rapidement. J’entends sa voix. Une voix bien particulière. J’étais ravi qu’elle m’appelle. Qu’elle me rappelle aussi vite.

Elle me dit qu’elle a eu mon message et qu’elle était très surprise. Je lui redis ce que j’avais dit sur son répondeur. Elle me dit que de toute façon, on était deux et qu’elle aussi avait sa part de responsabilité dans notre échec.

Elle accepte l’idée de se voir. On devait se contacter début de la semaine d’après pour trouver un jour où, on serait libres tous les deux. J’étais ravi qu’on avait repris contact. Ravi à l’idée de la revoir bientôt. Ravi de pouvoir enfin faire la paix.  

            Mais dès le soir même, mes insomnies ont recommencé. Toutes les nuits vers 3 ou 4h du matin je me réveillais avec ses pensées plein la tête. Je m’étais remis à rêver. A rêver que peut-être que rien n’est perdu. Peut-être qu’elle n’a pas encore tourné la page. Mais de l’autre côté, je savais pertinemment que je ne faisais que rêver.  

            Le mardi 19, je l’appelle vers 13h. Je tombe toujours sur son répondeur. Je lui dis que je l’appelais comme prévu pour savoir quand est ce qu’on se verrait. Je lui ai dit que pour moi, l’idéal serait jeudi 21 ou vendredi 22 avril. Je ne voulais pas que ça soit le 20, le jour de notre "moisniversaire" !

Elle me répond deux heures après par sms :

Vers 15h,

- Bonjour Bahman,

J’ai eu ton message. Cette semaine, je ne serai pas libre et peut-être même que je partirais en week-end mais rien n’est sûr encore. Si tu acceptes, je t’enverrai un petit sms pour te le dire.

- ok, ça me va. Bonne journée 

- Super

Vers 17h :

- D’un coup, j’y pense, tu dois être tata maintenant ?

- Ouiiii, depuis le 25 janvier

- Toutes mes félicitations à ta sœur et ton beau-frère et…allez, à la tata aussi !

            Le lendemain, je suis allé dans une boutique pour enfant et acheté trois vêtements pour son neveu. Je voulais les lui donner le jour où on se verrait.  

            Les jours passaient et je me rendais compte que je n’étais pas du tout prêt à la revoir. Je me rendais compte que je n’avais en fait pas fait du tout le deuil de notre relation.

Depuis que je l’avais contacté et l’idée de la revoir, de l’avoir en face de moi comme avant, depuis que cette idée était devenue réelle, je me rendais compte qu’il m’était impossible de la revoir et faire comme si ce n’était qu’une amie. Impossible de me trouver en face d’elle et rester de glace. Impossible.  

            Dix fois par jour, je me disais qu’il fallait que je la contacte pour annuler ce projet. Ce projet qui me rendait de plus en plus malade. Mais à chaque fois, je me disais, voilà qu’une nouvelle fois, je vais annuler un rendez-vous pris avec elle.

J’ai résisté jusqu’au vendredi 22. Mais comme mes insomnies continuaient, et que je me rendais compte que c’était absolument au-dessus de mes forces de la revoir, je décide finalement d'annuler cette idée de rencontre.

SMS vers 9h en pensant qu’elle était à son bureau,

- Bonjour Mat,

J’aimerais te demander de m’appeler quand tu auras 2 minutes.

Il n’y a rien d’urgent. Ca peut être aujourd’hui ou un autre jours.

Bonne journée

- Tu m’envoies un sms pour me demander de t’appeler ? C’est curieux je trouve. Pourquoi tu m’appelles pas ?

En lisant son message, je l’appelle. Je tombe encore sur son répondeur.

Voilà pourquoi je t’appelle pas car je savais que j’allais tomber sur ton répondeur.   

Deux minutes après elle m’appelle :

Bonjour (elle avait une voix comme si elle était malade)

       Salut, (inquiet, je lui demande aussi tôt) qu’est ce que tu as ?

Rien, pourquoi ?

       T’as une voix comme si tu es malade

Non, je suis dans mon lit

       Ah, je suis désolé de t’avoir réveillé. Je pensais que tu étais au bureau.

Non, j’ai pris ma journée

Si je t’ai appelé, c’était pour savoir si ça ne te posait pas de problème cette idée de se voir ? (un stresse incommensurable me monte. Durant deux à trois minutes, je n’arrivais pas à parler normalement. Mes mots sortaient un par un séparés d’un essoufflement inexpliqué. Il m’était impossible d’aligner deux mots sans reprendre mon souffle. Je n’avais jamais été aussi stressé durant une conversation avec elle. C'était comme si j’étais plongé dans une eau glacée !)

           Mais avant que tu me répondes, je vais te dire pourquoi, je te pose cette question.

     Depuis que je sais qu’on va se revoir, depuis que je sais que tu vas être en face de moi, je ne dors plus. Mes insomnies sont de nouveau présentes. Je me suis rendu conte que je ne pourrais jamais te voir comme une amie.

Je ne sais pas pourquoi, tu veux absolument qu’on soit ami. Parfois après une rupture, il est impossible de voir l’autre. Même jamais !

J’avais besoin de te parler. Comme je t’ai dit, j’ai pris conscience de beaucoup de chose. J’ai pris conscience que je n’étais pas prêt à te rencontrer. Je n’étais pas prêt à ton amour.

Je vivais par toi et à travers toi. Tu m’étais indispensable.

J’ai appris deux choses par mes amies. Une qui m’a dit qu’il faut que je sache vivre d’abord avec moi-même avant de vouloir vivre avec une autre personne. Et la deuxième……avec l’émotion, je n’arrive pas à me rappeler.

Mais Bahman, on était deux à être responsable de notre échec. Moi aussi, je sortais d’une relation. Moi aussi j’avais un passé qui me poursuivait.

     Je sais, je sais. Mais là, je me rends compte que avec mes doutes et mes incertitudes, je viens de passer à côté de l’amour de ma vie.

Mais, tu n’en sais rien. Comme ce hasard qui a voulu qu’on se rencontre au musée d’Orsay, tu vas rencontrer d’autres femmes.

Peut-être, mais bon, je n’y crois pas trop.

Je suis vraiment désolé d’annuler ce rendez-vous mais je suis obligé. Avant de le faire, je me suis dit que tu vas encore me dire que j’annule une nouvelle fois un rendez-vous. Mais au point où nous en sommes, que tu sois déçu un peu plus ou un peu mois, ça ne changera pas grande chose

Eh oui, c’est tout toi !

Voilà, je suis encore désolé de t’avoir réveillé. Je vais te laisser.

Mais avant, je voulais savoir si tu habitais toujours à la même adresse ou pas car en sachant que ta sœur avait accouché, j’avais acheté un cadeau à ton neveu.

Ah c’est adorable, mais il ne fallait pas.

Si, si. Je les avais connus donc je ne pouvais pas ne rien offrir.

Donc je ne sais pas ce que tu préfères ? Que je l’envoie par poste mais tu seras obligée d’aller faire la queue à la poste pour le retirer.

Sinon, je peux aussi, le déposer à l’accueil de ton bureau. Mais pas le lundi qui vient car férié mais lundi d’après, le 2 mai.

Mais, tu pourras l’offrir de ta part, ça ne me dérange pas.

Certainement pas !

Ok, tu peux le déposer à l’accueil.

Ok alors, je passerai le lundi 2 pour le déposer. Je t’enverrai un sms pour te le signaler. Bon, je vais te laisser. Au revoir Mat.

Au revoir Bahman.

Le cœur séré, je raccroche avec elle pour la dernière fois.

            Après cette conversation, après avoir annulé cette nouvelle rencontre, je me suis senti soulagé. Mes insomnies ont disparu. J’ai repris mon cour de ma vie, seul, sans elle.  

            Il y avait juste une raison pour laquelle, je regrette d’avoir annulé la rencontre.

A ce rendez-vous, à part de faire mon mea-culpa, je voulais lui poser 4 questions. Des questions qui me hantent et qu'il me fallait absolument des réponses.  

Ces questions étaient :

1)    Pourquoi était-elle revenue le 9 novembre?

Oui, pourquoi, elle était revenue ? Elle n’était plus la même Mathilde qu'avant. Elle ne me rendait plus les sentiments que je lui donnais. Alors que jusqu’au là, ce qui me rendait le plus heureux, c’était cette réciprocité dans nos sentiments. Elle me rendait tous ce que je lui donnais. Mais depuis le 9 novembre, je la sentais différente !

Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question.

2)    Pourquoi ce dimanche 21 novembre, était-elle restée muette à tous mes messages d’amour envoyé la veille ?

Que c’était-il passé ce week-end-là chez ses parents pour qu’elle reste insensible à tous mes messages ? Ont-ils discuté de notre relation ? De notre différence d’âge ? Je sais que sa sœur était totalement contre mais jusqu’à là, elle ne voulait pas s’en mêler.

Ont-elles réussi, sa sœur et sa mère, à la convaincre qu’elle devait mettre fin à cette relation ? Peut-être. Je n’ai en tout cas pas d’autre explication ?

3)   Ce fameux week-end, cause de notre rupture, partait-elle le week-end CHEZ Daniel avec Françoise ou bien, partait-elle EN week-end avec Daniel tous les deux, elle et lui?

À cette question, j’ai déjà répondu à la fin de la page 23. Pour moi, elle est partie en week-end avec lui.

4)    Et enfin, pourquoi elle est partie sans dire au revoir le soir du concert?

À cette question, non plus, je n’ai pas trouvé de réponse.

            Si je l’avais rencontré, si je lui avais posé ces 4 questions, j’aurais posé la 3ème question à la fin, après la 4ème. Car si elle m’avait répondu "oui" à cette question, je me serais levé et je serais parti sur le champ avec beaucoup de mépris.   

            Si la réponse est "oui", je ne la pardonnerai jamais! Je considérai cet acte comme une trahison. Je me considérai comme trompé et même pire encore. Car une tromperie dans un couple, malgré le mal immense que cela peut provoquer, il peut s'expliquer, soit par des sentiments incontrôlées en vers une nouvelle personne, soit par un moment d'égarement pour des raisons de mal être dans le couple. Alors que dans mon cas, elle aurait préféré de rompre totalement avec moi malgré les sentiments qu'elle avait pour moi, pour partir avec son "ami" en week-end !  

Non, si ceci est la réalité, je ne la pardonnerai JAMAIS! Mais, je ne connaîtrai jamais la réalité et c'est très bien ainsi.

Samedi 23 Avril

            La veille, j’avais eu une discussion téléphonique avec une de mes lectrices. Dès le début de l’écriture de mon blog, elle était intriguée par ce que j’écrivais dans ce blog, mais elle ne voulait pas le lire par peur que sa propre histoire, une histoire qu’elle avait déjà terminée depuis plusieurs années lui resurgisse.

Mais finalement elle s’est mise à le lire. Comme elle le pensait, elle a été bouleversée à sa lecture. C’est pour quoi, elle a souhaitait discuter avec moi. Durant notre conversation, elle m’a dit que je devais aller chercher de nouveau Mathilde. Qu’elle n’attendait que ça. Elle voulait même son numéro de téléphone pour l’appeler, pour lui dire que sa vie était avec moi, qu’on était fait l’un pour l’autre. Elle voulait tout faire pour m’aider à reconquérir Mathilde.  

            Je l’écoutais, mais, je n’y croyais pas du tout à cette éventualité. Je savais pertinemment que Mathilde avait tourné la page et qu’elle ne reviendrait plus jamais.

Mais ce jour-là, ce samedi alors que je faisais du vélo au bois de Vincennes, le doute me gagne. Je pensais constamment à ma conversation avec cette lectrice.

Ne pouvant plus rester avec ce doute, je la contacte par sms.

Vers 11h

- Bonjour Mat,

J'aimerais te poser une question et je te prie d'une part de me donner absolument une réponse et d'autre part sois totalement franche. N'ais pas peur qu'elle me fasse mal. Je me suis préparé.

Donc voila ma question : avec le recul, penses tu toujours que nos vies sont l'un sans l'autre ?

Merci d'avance pour ta réponse.

- Bahman, oui nos vies sont l un sans l autre. Je pense même que rompre complètement le contact ne serait que mieux pour toi. Tu te fais mal pour rien. J ai qq un dans ma vie. Tu m as demandé d être sincère. Je le suis. Bonne journée. Mathilde

C’est vari que je m’étais préparé à une réponse négative. Je m’étais préparé de recevoir une réponse courte et sèche comme "oui, j’en suis sûre" ou une réponse similaire. Mais, je ne m’étais pas du tout préparé qu’elle me dise qu’elle avait quelqu’un d’autre dans sa vie.

Je venais une nouvelle fois de me faire très mal !

Je lui réponds quand même.

- Merci pour ta franchise.

            Durant 4 à 5 heures, j’étais très mal. Mais ce temps passé, peu à peu je me sentais plus léger, moins oppressé. Je me suis peu à peu senti libéré de tout doute ! Enfin j’avais la confirmation. Elle était passée sur une autre voie. Elle avait ouvert une nouvelle page. Une voie et une page sur lesquelles, je n’y serai pas. Enfin, je la voyais s’éloigner de moi. Enfin je me libérais d’elle. Je me libérais de ses pensées. Enfin, je me libérais !

Lundi 2 Mai

            Le dimanche 1er mai, je lui ai acheté un brin de muguet. Je l’ai conservé dans un verre d’eau au réfrigérateur afin d’essayer de le garder en bon état pour le lendemain.

            Ce lundi-là, dans un sac, j’ai mi les cadeaux de son neveu mais aussi le cadeau que je lui avais acheté avant notre dernière rupture pour notre 3ème moisniversaire et aussi le brin de muguet.

Je prends le bus pour me rendre à son bureau. J’étais très nostalgique ce jour-là. - La nostalgie revient toujours quand le présent n’est pas à la hauteur du passé. -

Je me voyais la dernière fois que j’avais pris ce bus avec elle, avant qu’elle ne parte chez ses parents. Je me suis remémoré tous ces instants passés avec elle ce matin-là. Notre silence et mes mauvais pressentiments que c'était la dernière fois que je la voyais.

            Plus le bus s’approchait à la destination, plus le stresse me gagnait. Finalement, je descends du bus et me dirige vers ses locaux. Pas après pas, mon cœur s’emballait de plus en plus. Je rentre tout fébrile à l’accueil et dépose le sac à l’intention de Mathilde D. et ressorts aussitôt.

Puis je lui envoie un mail que j’avais, comme la dernière fois, préparé à l’avance.

Je la préviens, de l’envoi de ce mail par un sms.

- Coucou,

je viens de t’envoyer un mail.

Bonne journée

Ciao, ciao

Mail : 9h 55

Objet : Cadeau

Bonjour Mat,

Ça y est, c’est fait. Comme pour tes affaires, il y a quelques mois, je viens de déposer le cadeau de ton neveu à votre accueil.

Tu trouveras également, pour toi cette fois, un petit cadeau que je t’avais acheté le 20 novembre pour notre troisième "moisniversaire". Un cadeau que je n’ai pas pu t'offrir vu que le lendemain notre histoire a basculée.

Je profite donc de cette occasion,  pour te le donner. Comme je l’avais acheté pour toi, il ne peut être offert à personne d’autre.

J’espère que tu l’accepteras. Sinon…..bah, fais en ce qui te conviendrait.

Désormais, je ne vais plus te contacter car je pense qu’en toi, je ne pourrais jamais voir autre que l’amour de ma vie. Je te prie de faire de même. Merci

Sois heureuse ma belle….oups, ça m’a échappé! lol

Moi, celui qui a connu le bonheur absolu durant 69 jours à tes côtés!

Merci pour ça !

PS : tu me diras juste comment tu trouves les cadeaux de ton neveu et comme je t'ai dit, tu peux les offrir de ta part. C'est même mieux je pense.

…pffff, je n’arrive pas à mettre fin à ce dernier mail, tellement j’ai des choses à te dire et aussi des questions à te poser. Surtout, quatre questions qui me hantent depuis notre séparation. Des questions auxquelles, j’ai trouvé des réponses mais, ce ne sont que mes interprétations et qui peuvent êtres totalement erronées.

De toute façon, il ne faut plus chercher de réponses car à part d’autres souffrances, il n’y aura rien d’autres au bout.

Maintenant, je vais garder que le bon et oublier le reste. J'espère que de ton côté aussi, tu pourras faire de même.

Bon, je vais arrêter là !

Adieu mon am…..

            J’ai reçu une réponse, en début de l’après-midi. Durant la matinée, j’attendais une réponse d’elle mais sans vraiment être impatient.

Mais dès l’instant que j’ai vu arriver son mail, instantanément, mon cœur a doublé sa cadence. Qu’a-t-elle écrit ?  Quelle est la teneur de son mail ?

            Je l’ouvre et vois rapidement que c'est un mail court. Je n’ose pas le lire de suite. Je décide d’abord lire le mail que je lui avais envoyé. Un mail que je connaissais par cœur car je l’avais lu une dizaine de fois depuis plusieurs jours.

Finalement, le cœur battant à 200 à la minute, je lis sa réponse

Mail 14:02

Bonjour Bahman,

Je viens d’aller chercher le colis à l’accueil et je suis très émue

Merci..mille merci

Tu es un homme très très romantique, attentionné, aimant...beaucoup de qualités qui font que tu sauras rendre très heureuse la prochaine femme avec qui tu seras.

Nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre mais il n en reste pas moins que je garde un bon souvenir de notre relation.

Merci encore

Bonne continuation

Mathilde 

            Je l’ai lu et relu une dizaine de fois. J’étais très touché de la première partie de son mail, jusqu’au mot "aimant". Car je trouvais que la deuxième partie était froide et distante. Il n'était pas utile qu'elle me parle de la prochaine femme avec qui je serais ni de me rappeler qu'on n'était pas fait l'un pour l'autre.

À chaque fois que je relisais sa réponse, je m’arrêtais au mot "aimant" !

À force de l’avoir lu, comme pour mon propre mail, je le connaissais par cœur !

Au début, je ne voulais pas répondre, car je ne voyais pas la nécessité. Mais finalement je lui donne ma dernière réponse :

Mail 16:14

Merci pour ton mail. 

Enfin on termine sur une note positive. 

Bonne continuation également. 

Bahman 

 

Jacques Brel

La Chanson Des Vieux Amants  

Oh, mon amour

Mon doux mon tendre mon merveilleux amour

De l'aube claire jusqu'à la fin du jour

Je t'aime encore, tu sais, je t'aime

 

Minuit, Paris 20 Mai 20--

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